Tendances marché

Staycation : l'exploration sur le pas de la porte

Dernière tendance touristique émergente et en pleine croissance, le staycation ou tourisme de proximité fait fureur. La pandémie de la Covid-19 et les prises de conscience écologiques ont permis à ce nouveau mode de consommation d’accélérer son développement et de faire sa place sur le segment très compétitif du tourisme.

Dans le sillage du slow tourisme

Alors que la société ne cesse de questionner les déplacements en avion et les émissions de gaz à effet de serre qu’ils génèrent, que les enjeux environnementaux sont capitaux et que les envies de nature et d’authenticité sont de plus en plus prégnantes, le staycation correspond à une nouvelle réalité touristique.

Partir en vacances près de chez soi ou rester dans son pays, explorer un quartier ou un village voisin, vivre des expériences dépaysantes et immersives à quelques kilomètres de chez soi, pour une journée ou un week-end… voici quelques définitions du staycation (contraction des mots anglais “stay”, rester et “vacation”, vacances) qui englobent finalement la perception d’un tourisme de proximité.

Partir avec le sourire

Qui dit staycation, dit voyage sans stress et en toute sécurité. Finie l’inquiétude des voyages en avion, où tout est prétexte à des sueurs froides… De la commande du taxi au passage de la douane, sans oublier le vol en lui-même. Au contraire, prendre le train, le bus ou la voiture est source de confort, de bien-être, d’indépendance et de lâcher-prise. Sans parler de l’empreinte carbone qui diminue selon le mode de transport choisi et la distance effectuée. Par exemple, rapporté au kilomètre, un vol court-courrier a tendance à davantage polluer qu'un long-courrier. Pour donner un ordre de grandeur, une tonne de CO2 c'est 1 aller-retour Paris - New-York en avion pour une personne (environ 12 000 km), ou 6 allers-retours Paris - Marseille en avion pour une personne.

Développer l’économie locale

Grâce aux séjours organisés en circuit court, l’argent dépensé est source de profit pour l’ensemble des acteurs locaux du tourisme et les communautés.

L’agence de voyage Enimersion, par exemple, s’est spécialisée dans le concept de micro-immersions, de 3 jours à plusieurs semaines, visant à faire découvrir le terroir d’une région, en immersion avec ceux qui le défendent. Un hébergement pour quelques jours, une activité d’initiation avec un habitant pour découvrir son quotidien et des activités en autonomie pour explorer le terroir librement. La réservation se fait en direct sur la plateforme et l’agence reverse 10% des bénéfices à des projets de développement locaux.

Ne pas partir à l’autre bout de la planète est aussi une façon de contribuer d’une certaine manière à un tourisme solidaire et responsable.

Partager et s’enrichir humainement

Alors qu’auparavant rester en vacances en France était considéré comme plutôt peu attractif, aujourd’hui, au contraire, développer ses connaissances d’un territoire local domestique, partager la technique d’un métier artisanal et traditionnel, redécouvrir un site naturel ou des traditions culturelles, observer les trésors de la nature avec un guide expert ou bien encore dormir chez l’habitant ont le vent en poupe.

Le charme, l’authenticité, le retour à l’essentiel et à la nature, le contact avec la terre, la découverte des traditions, la rencontre humaine, les moments de vérité… Tous ces éléments sont le fil rouge d’un séjour en mode staycation, une tendance qui ne peut que s’affirmer de jour en jour et représenter une alternative complémentaire et pertinente aux envies de bourlinguer sur la planète.

Envies qui fort heureusement ne disparaitront pas.


Le coworking, le nouvel eldorado des hôteliers

Bousculé par la crise du Covid, le secteur de l’hôtellerie ne cesse de se réinventer pour séduire de nouvelles clientèles, suivre les mutations de la société et optimiser ses espaces pour en faire de véritables lieux de vie, de travail et de sociabilisation.

La tendance du télétravail et du coworking s’étant généralisée ces deux dernières années, de plus en plus d’établissements proposent des solutions pour accueillir ces nouveaux travailleurs.

Envie de sortir de chez soi pour boire un café, mener une réunion en visio et voir du monde ? Besoin de trouver un espace chaleureux et fonctionnel pour rencontrer un futur client ? Ou d’organiser une réunion pour son équipe dans un cadre convivial qui puisse allier l’aspect professionnel et ludique à la fois ? Autant de situations propices au développement d’espaces de coworking au sein des hôtels.

Startupers, indépendants, commerciaux, salariés en télétravail ou bien encore entreprises en quête de lieux de travail de qualité pour leurs collaborateurs en déplacement… Les travailleurs nomades sont protéiformes et représentent une source importante de diversification.

Des bureaux flexibles

Séduits par un environnement urbain, bien situé en ville et équipé d’un excellent réseau wifi, ces travailleurs sans bureau fixe prennent plaisir à bousculer les codes, à changer de cadre de travail au gré de leurs envies et notamment à se retrouver, par exemple, dans un lobby d’hôtel ou dans une salle de petit-déjeuner transformée en bureau, pour nourrir leurs motivation et créativité et disposer d’un espace de travail adapté à leurs besoins.

Les entreprises peuvent aussi avoir besoin d’un cadre différent, moins formel que leurs salles de réunion, pour une session de travail particulière, recevoir un futur salarié ou illustrer une thématique spécifique de communication ou commerciale.

Une stratégie gagnante

Les hôteliers y trouvent leur compte puisqu’ils ont, généralement, peu d’investissement à faire pour aménager ces espaces. Le personnel, le matériel et l’équipement nécessaires étant déjà présents sur place. C’est une manière intelligente de capter une nouvelle clientèle, bien souvent de proximité, de communiquer sur leur établissement d’une manière différente et de rentabiliser au maximum l’espace non occupé à temps plein ainsi que les prestations proposées comme le bar, la restauration ou même le spa et le fitness. Une véritable source de croissance !

De nombreuses chaines ont ainsi développé ce créneau à l’image d’AccorHotels qui propose le concept Easywork déployé au sein des hôtels Mercure et Novotel et de Moxy avec Society M (Citizen M) qui décline des espaces de travail dans un esprit collaboratif et créatif. Ou bien encore le groupe Best Western® Hotels & Resorts France qui vient également de lancer la marque de coworking myWO. Sans oublier les hôtels indépendants qui ont parfois plus de souplesse pour s’adapter aux exigences de leur clientèle affaire avec des services et des espaces dédiés.

Certains établissements vont même plus loin en externalisant l’activité coworking et en investissant dans l’immobilier. Mama Shelter par exemple, a créé Mama Works, une marque indépendante de ses hôtels, qui propose des bureaux en location et réinvente l’esprit du coworking à leurs couleurs.

Autant de solutions innovantes pour ré-enchanter à la fois l’hôtellerie et le travail et proposer une alternative attractive aux salariés et indépendants connectés et nomades leur permettant de s’épanouir et de rester productifs en dehors de l’entreprise.


Le désarroi des recruteurs face au ghosting des candidats

Phénomène de plus en plus répandu dans le domaine du recrutement, le ghosting ou littéralement, le fait de disparaître, de ne pas se présenter à un rendez-vous et de ne plus donner de nouvelles plonge les chasseurs de tête et les entreprises qui recrutent dans un certain désarroi.

Signal d’alerte d’une société toujours plus consumériste, volatile et opportuniste, le ghosting interpelle les professionnels des ressources humaines et les managers qui subissent cette attitude désinvolte et se sentent totalement démunis. Pratique détournée des sites de rencontre, le ghosting s’affranchit de la sphère du privé pour s’immiscer dans la sphère professionnelle.

Un comportement amplifié par la crise de la Covid-19

« Le ghosting a toujours existé, précédemment nous utilisions plutôt le terme "no show" quand un candidat ne se présentait pas à un rendez-vous », déclare Alain Jacob, Directeur d’AJ Conseil.

« Il s'est clairement amplifié depuis ces derniers mois avec une tendance d'annulation du rendez-vous, non plus à J-n jour, mais à à H-1 heure, en général par SMS. », ajoute t-il.

Dans cette situation, AJ Conseil demande toujours au candidat concerné s'il souhaite repositionner le rendez-vous. Dans 9 cas sur 10, le cabinet n’obtient aucune réponse, ce qui confirme que le candidat l’a bien délibérément ghosté.

Des candidats en réflexion ou en manque de repères ?

Comment comprendre l'extension du phénomène ?

  • Un ultime échange avec le conjoint ou des amis qui dissuade le candidat de persévérer dans sa démarche ?
  • Une nouvelle estimation du rapport/risque de quitter son emploi et des avantages du futur emploi ?
  • L'absence de réponse à une question que l’équipe d’AJ Conseil entend désormais fréquemment : « mais qu'est-ce que cela m'apporte, à moi ? »
  • Une offre d’emploi plus attractive qui se concrétise en dernière minute ?
  • La peur de s’engager dans un projet professionnel dans lequel le candidat ne se projette pas ou plus ?

Autant d’hypothèses qui traduisent un problème sociétal de fond généré par l’effacement des repères ou des valeurs, le manque d’éducation et de savoir-vivre, le non-respect de la parole donnée, l’individualisme.

Quelle réponse apporter au ghosting ?

« La réponse n'est pas évidente car le ghosting ne s'exerce pas seulement à notre égard  mais aussi à l'égard de notre client, futur employeur du candidat alors qu'une promesse d'embauche est signée et que toutes les demandes du candidat sont satisfaites, nous le vivons régulièrement », déclare Alain Jacob.

Donner du sens à la candidature, à un parcours professionnel, à une aspiration est nécessaire et doit être évoqué lors d’un entretien d’embauche. Sonder au mieux le candidat et déterminer son mode de fonctionnement et ses valeurs sont des priorités pour éviter au maximum une déception.

L’idéal serait aussi que les personnes en charge de recrutement adoptent une attitude exemplaire vis-à-vis des candidats en répondant systématiquement à leur candidature, qu’elle soit pertinente ou pas, en les accompagnant tout au long du processus du recrutement et en respectant leurs promesses.

« Il nous arrive fréquemment de rencontrer des candidats qui ne souhaitent plus poursuivre le parcours d’intégration car l’entreprise ne concrétise pas son engagement concernant la part du variable dans la rémunération ou laisse planer des incertitudes sur son montant, par exemple», conclut Alain Jacob.


Le tourisme de bien-être : un marché en pleine forme

Véritable segment différenciant sur le marché concurrentiel international du tourisme, le bien-être se révèle un secteur en pleine croissance. Associé aux envies multiples de vivre des expériences saines, de se ressourcer et de revenir à l’essentiel, le bien-être affiche un large rayon d’action, du thermalisme à la thalassothérapie en passant par l’ensemble des propositions spa/beauté décliné par les marques et les destinations.

Les Etats-Unis : premier marché

Selon un rapport du Global Wellness Institute (GWI) l'économie mondiale du bien-être vaut 4,4 mille milliards de dollars et devrait atteindre 7 mille milliards de dollars d'ici 2025. Il n'est pas surprenant que les pays les plus peuplés du monde (la Chine, l'Inde, l'Indonésie, le Brésil, la Russie…), les plus riches (la Suisse, l'Australie, les Pays-Bas…), ou ceux combinant taille et richesse (les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, etc.) soient les plus consommateurs de bien-être.

Les États-Unis sont de loin le plus grand marché, avec mille milliards environ de dollars, soit près du double du deuxième plus grand marché, la Chine. En fait, les États-Unis représentent 28 % de l'ensemble du marché mondial du bien-être, tandis que les dix premiers marchés représentent 71 % du total mondial.

À l'échelle mondiale, l'économie du bien-être représente 5,1 % du PIB total, soit environ 1 dollar sur 20 dépensé par les consommateurs dans le monde est consacré au bien-être.

Un facteur de croissance dans les pays dépendants du tourisme

Pour les petits pays dépendants du tourisme, le bien-être représente un pourcentage démesuré dans leur économie. Il peut sembler surprenant de voir Aruba se classer dans le top 10 des dépenses de consommation en matière de bien-être. Cependant, cette destination accueille des touristes de bien-être qui dépensent fortement. Ainsi, on observe que le marché du bien-être représente un pourcentage notoire du PIB total aux Seychelles (16,5 %), aux Maldives (14,5 %), à Aruba (11,9 %), au Costa Rica (11,4 %) et à Sainte-Lucie (10 %). C'est un marqueur intéressant de la forte contribution du tourisme de bien-être dans l’économie de ces pays et cela démontre également que, dans ces pays, le bien-être est davantage une «industrie d'exportation» qui est généralement hors de portée des locaux.

Trois secteurs concentrent le marché du bien-être :

  1. Alimentation saine, nutrition et perte de poids
  2. Soins personnels et beauté
  3. Activité physique.

Ces trois segments représentent plus de 60 % du marché total du bien-être.

Il existe cependant une grande variation au niveau national. Au Japon, les soins personnels/la beauté représentent une part beaucoup plus importante des dépenses de bien-être que dans la plupart des pays. Pour la Chine, l'Inde, l'Indonésie, la Russie et la Turquie, c'est la médecine dite traditionnelle qui s’impose. En Allemagne, c'est le tourisme de bien-être, les spas et les sources thermales qui sont privilégiés.

Et en France

Forte de sa longue tradition de soins par l’eau, la France est parmi les premières destinations du tourisme de bien-être : 4ème destination mondiale en termes de recettes et 5ème d’un point de vue de la fréquentation*.

Elle a su développer une offre plurielle et diversifiée en matière de thalassothérapie, de thermalisme et de spa et représente aujourd’hui une destination attractive en matière de bien-être.

Au niveau thalassothérapie, la France se distingue comme la 1ère destination mondiale avec 56 centres*.

Le thermalisme est aussi un secteur de taille avec 89 stations thermales et 109 établissements en France. Sans oublier près de 4000 spas*.

Véritable source de développement des régions, le thermalisme est un enjeu important dans l’essor, la notoriété ou le capital sympathie d’une destination. Cependant de nombreux efforts restent encore à mener sur notre territoire pour s’adapter aux nouvelles exigences des consommateurs et capter de nouveaux segments de clientèle : investissement, rénovation des centres, intégration des nouvelles technologies, montée en gamme, création d’offres adaptées à tous les profils, fidélisation, notoriété auprès de la clientèle étrangère

Autant d’enjeux passionnants, gages d’un avenir prometteur pour ce secteur qui n’a pas fini d’évoluer.

 

*Chiffres Atout France


L'expérience, le leitmotiv des restaurants

De moins en moins formels, de plus en plus originaux… Les restaurants manient le concept et cultivent les envies d’expérience des consommateurs. Au-delà de la qualité de l’assiette, les clients viennent aussi chercher des émotions, des souvenirs, de l’insolite, de l’exceptionnel. Mais où se situe le curseur ?

Le sensationnel a rejoint le quotidien, l’exceptionnel est à la portée de tous ou presque… Aller au restaurant est aujourd’hui un divertissement, une destination en soi, un véritable sujet à réflexion à discuter entre amis. Déguster des produits de qualité est une priorité mais s’offrir un dîner expérientiel et pas comme les autres devient aussi progressivement une attente forte de la part des consommateurs. Les restaurateurs l’ont bien compris et ne cessent de se réinventer pour défendre leurs idées et leur cuisine mais aussi pour se démarquer et susciter des envies d’y revenir. Le marketing est l’outil de promotion numéro 1 : un nom, une idée, une déco ne peuvent exister que s’ils sont bien vendus, bien présentés, bien mis en avant.

L’effet de surprise

Défendre le terroir français avec un univers résolument franchouillard et une cuisine en circuit court, dîner dans le noir pour développer les sens, savourer des pièces de bœuf comme une création haute couture, dîner dans un appartement ou dans une chapelle, déguster un dîner étoilé autour d’une table suspendue dans les airs au-dessus du bassin d’Arcachon, admirer les 1001 poissons tropicaux dans un restaurant situé sous l’eau, déjeuner dans un bus tout en visitant Paris, improviser une soirée barbecue dans un petit bateau qui navigue sur l’Oise, dîner dans l’ambiance d’une scène d’opéra avec des serveurs qui chantent des airs connus… Autant d’idées les plus incroyables… Autant de restaurants différents qui jouent sur l’effet de surprise, l’étonnement, la curiosité.

Une solution pour se relancer

Malmenée par la pandémie du Covid-19, la restauration à table doit se réinventer aussi en partie en raison de la crise de l’emploi que traverse le secteur. Moins de personnel, moins de latitude à refaire ce qui se pratiquait avant… Les restaurateurs doivent aussi improviser pour ré-enchanter le client et lui apporter un effet waouh, un « plus », un effet marquant. A l’heure où l’économie repart, l’hôtellerie/restauration est à la peine, confrontée à une pénurie de personnel qui a pris la poudre d’escampette et s’est, bien souvent, reconverti dans d’autres métiers. Paradoxalement, les Français n’ont jamais eu autant envie de sortir : effet direct du déconfinement.

Face à cette équation, nul doute que les restaurants à concept se donnent un moyen supplémentaire de résister à la crise et de gagner le cœur et les papilles des consommateurs.


La tendance Nolo en progression : faire la fête sans ivresse

Alors que la consommation d’alcool tend à diminuer légèrement en France, la nouvelle tendance « Nolo », « no alcohol ou low alcolhol » gagne du terrain, et pas seulement auprès des millenials.

Le retour à un mode de vie plus sain souligne aussi l’apparition d’un nouveau phénomène de société : la diminution de la consommation d’alcool et de spiritueux au profit de boissons en tout point pareil à ceci près qu’elles ne contiennent pas un gramme d’alcool ou si peu. En témoigne par exemple le succès du « Dry January » chaque année ou la recrudescence de nouvelles boissons, mocktails et autres créations pour séduire les exigences de cette nouvelle clientèle en quête de plaisir sans ivresse.

Autre indicateur, et pas des moindres, la plus célèbre et plus ancienne compétition au monde de boissons alcoolisées, IWSC, a connu en 2021 une augmentation marquée du nombre d’inscriptions dans les catégories faible teneur d’alcool et sans alcool, soit 389% de plus qu’en 2020.

Imitation parfaite

Whisky, tequila, rhum, gin ou encore vodka sans alcool fleurissent sur le marché ainsi que les fameux « mocktails », parfaite imitation de célèbres cocktails aussi colorés que fruités qui apportent les mêmes sensations de fraîcheur et de goût sans pour autant provoquer des effets indésirables propres à l’alcool.

Les vins et bières aussi

Avec les panachés, les bières sans alcool représentent aujourd’hui 8% des ventes de bière en France*. Et la technologie s’améliorant d’année en année, les industriels sont maintenant capables de maîtriser les étapes de refroidissement, de désalcoolisation et d’interruption de la fermentation sans altérer le goût. Côté viticulture, des producteurs ont eux-aussi développé, à partir de mout de raisin, la production de boissons restituant les mêmes propriétés olfactives que le vin.

Blanc, rouge, rosé… à zéro degré, comme ceux de l'entreprise Le Petit Béret implantée en Occitanie. Entouré des meilleurs partenaires tel que l’INRA et le CTCPA, Dominique Laporte, meilleur sommelier de France en 2004, développe pour cette start up, un procédé technique innovant qui révèle le meilleur du raisin et de la nature, sans alcool ni étapes de désalcoolisation, sans fermentation, sans conservateur et sans sulfite.

Plus légères et donc moins caloriques car sans alcool, les boissons Nolo séduisent également les grands groupes industriels qui se sont mis eux-aussi à produire des gammes spécifiques reprenant les célèbres boissons gin, whisky, pastis en mode 0%.

Un marché qui affiche ainsi une grande marge de progression car selon Santé Publique France, bien que le volume global d’alcool pur consommé en France (11,7 litres par habitant de 15 ans et plus en 2017) soit en diminution depuis les années 1960, essentiellement en raison de la baisse de la consommation quotidienne de vin, la France reste parmi les pays les plus consommateurs d’alcool au monde, au sixième rang parmi les 34 pays de l’OCDE

* Source Brasseurs de France.


Tourisme : l'insolite au bout du chemin

Alors que le secteur touristique semble reprendre un nouveau souffle, les voyageurs « d’après » sont en quête de découvertes, d’inédit et de séjours dépaysants, dans le respect de leurs attentes écologiques et solidaires…

Emergents depuis quelques années sur le secteur de l’hôtellerie, les hébergements insolites ont le vent en poupe et représentent une offre de tourisme alternative en adéquation avec les envies des nouveaux voyageurs.

Selon le cabinet Alliances (consultant en développement touristique), il existe aujourd'hui 960 domaines d'hébergements insolites et 3.800 modules : cabanes (42 % de l'offre), tipis, yourtes , tiny houses , tentes lodge, roulottes, bulles, dômes, igloos, containers, tonneaux, serres, maisons Hobbit, cockpits d’avion et même prisons qui se disputent un marché en pleine évolution.

Effet de surprise

S’il y a bien un résultat recherché par le voyageur lorsqu’il fait le choix d’un hébergement insolite, c’est bien celui de l’étonnement et de l’inattendu. Sortir des sentiers battus, retrouver l’âme d’un explorateur ou d’un aventurier, quitter sa routine et plonger dans un univers où le rêve et l’imaginaire ont toute leur place… Voilà bien ce qui motive la réservation de ce type de séjour.

Confort et green attitude

Aujourd’hui, il ne suffit plus d’avoir une cabane dans un arbre pour séduire les voyageurs. Alors que les premiers hébergements insolites sont nés avec l’envie de passer une nuit de manière extra-ordinaire, type cabane dans les arbres avec un confort rudimentaire inhérent à ce type d’installations, les unités d’hébergement insolite actuelles font montre de créativité en matière de confort et de prestations dites « luxueuses » mais aussi d’implication en matière écologique. Energie solaire, recyclage des déchets et politique 0 déchet, toilettes sèches, circuits courts, intégration dans l’environnement, choix des matériaux… Autant de signes qui témoignent d’une véritable stratégie éco-responsable.

L’expérience, la clé d’un séjour réussi

Luxueuse, immersive, exclusive, culturelle ou sportive, l’expérience est le pivot d’un séjour en hébergement insolite. A mesure que les envies d’inédit grandissent, les exigences de découverte et de détente deviennent plurielles. Dormir dans un arbre, oui mais c’est encore mieux avec un massage en pleine nature… Dormir dans une serre, au contact direct de la nature, pourquoi pas, mais avec une expérience jacuzzi sous serre, c’est un plus… Suivre un atelier culinaire et dormir dans une roulotte, expérimenter une nuit dans un igloo couplée à une balade en traîneau à chiens… L’insolite déborde de la chambre pour composer un séjour aux multiples thématiques.

Une nouvelle génération d’entrepreneurs

Séduits par un changement de vie et l’appel de la nature, les porteurs de projets ont majoritairement entre 25 et 45 ans et 37 % ont moins de 35 ans*. Attirés par une croissance estimée à 20% par an et un marché qui devrait atteindre 400 millions d'euros en 2022*, ils incarnent à la fois l’envie d’entreprendre et de réaliser un projet qui fait sens avec leur philosophie de vie.

Dès lors que la pandémie a bousculé les modes de vie et suscité de nouvelles vocations, ces nouveaux et jeunes entrepreneurs sont en phase avec la tendance actuelle d’un tourisme à la fois local et source de dépaysement.

Dans un secteur où beaucoup de choses restent encore à faire.

*Source Les Echos


Les indépendants de l'hôtellerie et de la restauration : en marche vers le futur

Le Groupement National des Indépendants Hôtellerie & Restauration (GNI) entend bien rester acteur de son avenir. A l’approche des échéances électorales et dans un contexte fragilisé par la pandémie du Covid-19, les indépendants du secteur se mobilisent à l’échelle politique et institutionnelle pour la mise en oeuvre de nouvelles mesures.

35 propositions portées par le Groupement national des indépendants visent en effet à repenser le monde de l’hôtellerie et de la restauration de demain, notamment à l’heure de la révolution digitale et des bouleversements écologiques.

Le secteur HCR : un acteur de poids

6ème employeur de France, il représente 740 000 salariés et 220 000 non salariés dans 200 000 établissements. C’est aussi le 1er recruteur en France (source GNI).

Une ambition à 360°

5 thèmes principaux rassemblent les préoccupations du Groupement des indépendants HCR : gouvernance & promotion, emploi, formation & compétitivité, digital, écoresponsabilité et pérennité des entreprises.

Parmi ces mesures, on peut noter la volonté de renforcer la gouvernance du tourisme et d’instaurer une organisation plus agile et efficace de la promotion du secteur avec la création d’un Ministère du Tourisme de plein exercice. De même, la création d’un Conseil Supérieur de l’Hôtellerie Restauration afin de structurer et représenter efficacement la profession et tous ses professionnels est plébiscitée, tout comme le maintien du poste d’Ambassadeur de la gastronomie. Enfin le terme même de restaurant doit être redéfini afin de promouvoir la restauration dans le bon sens.

Côté emploi, il est nécessaire à l’heure actuelle d’attirer les talents et de faire évoluer l’image des HCR en améliorant les conditions d’emploi. Cela passe par exemple par la défiscalisation des heures supplémentaires pour les branches dont la durée du travail conventionnelle est supérieure à 35h par semaine ou la pérennisation de la loi sur les pourboires. La formation et les compétences doivent être développées avec, parmi un panel de propositions, un système de simplification de l’alternance et l’obligation de suivre des cours de cuisine durant toute la scolarité.

Enfin, pour assurer et fluidifier la pérennité des entreprises du secteur, une réflexion sur le financement, les créations et les transmissions a été menée. Adapter le remboursement des PGE aux possibilités des entreprises est une évidence, toutes n’ayant pas la même santé financière.

Défiscaliser les transmissions d’entreprises patrimoniales au sein de la famille ou au profit des salariés contribuerait aussi à assurer leur pérennité, tout comme l’amélioration du sort des conjoints collaborateurs.

Autant d’initiatives qui témoignent du dynamisme et de la volonté des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration de se renouveler pour continuer à exister dans un nouveau paysage socio-économique.

Le GNI (Groupement National des Indépendants) est la seule Organisation Professionnelle véritablement indépendante au service des hôtels, cafés, restaurants, traiteurs organisateurs de réception et établissements de nuit, indépendants et patrimoniaux.


L'hôtellerie de luxe... Se réinventer pour exister autrement

Alors que le monde se remet à peine de deux ans de pandémie et que les contraintes sanitaires tendent à disparaître… Chacun se prend à espérer au retour à une vie normale. Le Covid-19 a bouleversé les modes de consommation, les façons d’appréhender la vie… A commencer par l’industrie hôtelière de luxe qui cherche à se réinventer, à adopter de nouveaux codes, qui se tourne vers une nouvelle clientèle de proximité notamment dans un contexte où une grande partie de la clientèle internationale n’est pas encore revenue.

Quelles nouvelles attentes  ?

Lorsqu’un voyageur pénètre dans un hôtel de luxe, ses attentes ne sont plus les mêmes qu’il y a 10 ans. Les impératifs environnementaux et la quête de sens ont pris le pas sur la notion de luxe en elle-même. Le client réserve dans un hôtel spécifique car il fait sens avec ses valeurs, il résonne avec sa philosophie de vie, il s’accorde à son mode de vie. Autre point important, l’expérience client ne doit plus s’arrêter au séjour en lui-même. Elle est d’abord digitale et personnalisée, de la maison à la maison. La projection, l’immersion, les mails qui visent à préparer le séjour du client, les propositions d’excursion en amont, les transferts, le check in/check out digital, le mini bar connecté et livret d’accueil dématérialisé… Tous ces éléments participent à une plus grande écoute du client et à la recherche de son confort et de sa satisfaction optimum.

Au sein de l’hôtel, les rôles doivent évoluer. Concierge, réceptionniste… Des métiers en pleine mutation. Le client est souvent plus informé et mieux informé que le concierge, par exemple. Grâce à Internet, tout est à portée du voyageur qui peut lui même choisir en amont son restaurant, par exemple. L’hospitalité et l’accueil sont des éléments essentiels dans l’hôtellerie. Les employés doivent savoir être agiles, polyvalents, proches mais pas familiers, conviviaux et attentifs, ils doivent avoir conscience que la réussite d’un séjour se joue aussi dans un détail humain, un geste, une anecdote, une ambiance et plus uniquement dans la technologie ou l’innovation. Le feeling prime.

Partage et apprentissage

Un client dans un hôtel ne veux plus être passif. Il souhaite être acteur de son séjour, récepteur de nouvelles émotions et découvertes. Partager des expériences : voilà sa quête. L’affectif, l’humain, la sensibilité sont le fil rouge d’un séjour en hôtel de luxe. S’immerger dans la culture locale, rencontrer des habitants du quartier, créer une nouvelle sociabilité… La durabilité passe aussi par la connectivité.

La ville qui rentre dans l’hôtel

Les hôtels de luxe ne sont plus réservés à une clientèle élitiste… Ils sont ouverts à une population urbaine locale, opportuniste et curieuse, mobile dans son travail. Ils doivent devenir des lieux mixtes en raison même de la porosité entre travail et loisirs. Des espaces de vie pour une plus grande immersion, de nouveaux espaces de restauration, snacking, bar, boulangerie, brasserie… des espaces de coworkings, des chambres et suites réservables à la journée pour des réunions entre collaborateurs…

Autant de nouveaux services pour répondre aux différentes envies du client et à son injonction première : « se sentir comme chez soi à l’hôtel ».


Le tourisme de savoir-faire : mise en lumière du patrimoine français

Secteur en progression depuis une dizaine d’années, le tourisme de savoir-faire ou tourisme industriel a attiré 15 millions de visiteurs en 2019 dans 2000 entreprises, soit une croissance de 30% par rapport à la fréquentation en 2012*. La France est aujourd’hui le pays leader du tourisme de savoir-faire.

Unique, cette nouvelle forme de tourisme a de beaux jours devant elle à condition de mettre en place un dispositif structuré et efficace pour développer la filière.

Créée en 2012, Entreprise et Découverte est l’association nationale de la visite d’entreprise, qui a pour objet la valorisation et la promotion de la filière visite d’entreprise. Découvrir les savoir-faire, les hommes derrière les machines, comprendre comment ça marche, valoriser le made in France… Autant de valeurs qui sont chères à l’association et qui portent le concept de la visite d’entreprise en France. L’association compte 400 adhérents, constitués à 80% d’entreprises, et à 20% de professionnels du tourisme (Offices de tourisme, Comités régionaux et départementaux du tourisme…). Elle travaille main dans la main avec ses partenaires, notamment les Ministères de l’Économie et des Finances, de la Culture, de l’Europe et des Affaires étrangères.

Un secteur singulier

Rassemblant une diversité de profils d’entreprises et de domaines, le tourisme de savoir-faire s’adresse aux passionnés du patrimoine mais aussi aux curieux en quête de nouvelles découvertes à leur porte. Les visites s’effectuent sur site, dans des entreprises en pleine activité ce qui rend cette offre si particulière. Le tourisme industriel permet de mettre en lumière la tradition industrielle et artisanale française auprès du grand public, notamment les jeunes.

Le tourisme de savoir-faire est un tourisme culturel. Ces entreprises ont une dimension patrimoniale forte, elles sont ancrées de longue date dans leur territoire. 45% des entreprises représentées sur le portail d’Entreprise et Découverte ont d’ailleurs plus de 50 ans et 26% ont 100 ans ou plus. Le tourisme industriel est aussi une autre manière pour une entreprise non seulement de se faire connaître mais aussi de capter de nouveaux clients.

Il représente un véritable levier de croissance pour certaines entreprises qui vendent essentiellement leurs produits sur site En effet, 80%* des entreprises recensés pour une visite d’entreprise disposent d’une boutique. La fin d’une visite est l’occasion pour le public de s’attarder en boutique, de recevoir des conseils personnalisés et finalement d’acheter. Par la suite, ces consommateurs opportunistes deviennent, bien souvent, des prescripteurs de la marque.

Une filière touristique encore peu identifiée

Malgré son énorme potentiel, le tourisme de savoir-faire est loin d’avoir atteint sa vitesse de croisière. En effet, du fait de son offre très atomisée sur le territoire et de la pluralité de ses métiers, son positionnement est plus difficile. D’autre part, la diversité des initiatives sur le créneau du tourisme de savoir-faire, au niveau local, régional et national, par des acteurs privés ou publics, tend à densifier son image, à brouiller son identité.

Aujourd’hui, la Direction Générale des Entreprises estime la taille critique de ce secteur à 5000 entreprises régulièrement ouvertes au public. Pour y arriver, des projets de réflexion sont en cours depuis 2020 pour restructurer la filière, la développer et la promouvoir aux niveaux sectoriels et territoriaux.

Le top 10 des entreprises les plus visitées en France (source Entreprise et Découverte - données 2019)

  1. VERRERIE DE BIOT Biot (06), 580 000 visiteurs
  2. EDF (TOUS SITES) France, 425 000 visiteurs
  3. CAVE DE GAN JURANÇON Gan (64), 265 000 visiteurs
  4. CONFISERIE DES HAUTES-VOSGES Plainfaing (88), 240 000 visiteurs
  5. CONFISERIE BRESSAUDE La Bresse (88), 219 000 visiteurs
  6. BISCUITERIE DE LA POINTE DU RAZ Plogoff (29), 165 636 visiteurs
  7. CONSERVERIE COURTIN Trégunc (29), 148 200 visiteurs
  8. CITÉ DU CHOCOLAT VALRHONA Tain l’Hermitage (26), 141 800 visiteurs
  9. BISCUITERIE DE PONT AVEN Pont Aven (29), 130 088 visiteurs
  10. (ex aequo) LE SALIN D’AIGUES-MORTES Aigues Mortes (30), DISTILLERIE JEAN GAUTHIER Saint-Désirat (07), 120 000 visiteurs.

*Chiffres Entreprise et Découverte

Photo  :  capture d'écran du site Verrerie de  Biot