La minute RH et Emploi d'AJ Conseil Recrutement & RH
Le niveau de stress progresse

29 Octobre 2015

Climat social 2015 : le stress des salariés monte en puissance <br>

Le Groupe Cegos a dévoilé récemment les résultats de la 17ème édition de son baromètre « Climat social et qualité de vie au travail ». Les résultats 2015 reflètent la complexité ambiante entourant le monde du travail. L’ampleur et la rapidité des changements actuels font planer des risques sérieux en matière de santé au travail.


L’ambiance n’est guère au beau fixe dans les entreprises en France ! Près de 42 % des salariés et 50 % des managers constatent ainsi une dégradation du climat social dans leur entreprise, contre 34 % des Directeurs et Responsables des Ressources Humaines (DRH-RRH). Tout le monde n’est évidemment pas logé à la même enseigne. L’ambiance de travail semble au beau fixe, notamment dans la « première sphère » professionnelle :



  • 76 % des salariés estiment que le climat social au sein de leurs équipes et auprès de leurs collègues est satisfaisant ;

  • 69 % sont satisfaits de leur environnement de travail (bureau, bruit, agencement, conditions de travail…) ;

  • 67 % sont satisfaits des relations humaines au sein de l’entreprise.


Ce « micro-climat » positif explique pour partie que la fierté d’appartenance à l’entreprise s’affiche à des niveaux élevés : 74 % côté salariés, 90 % côté managers. De fait, sur une échelle de 1 à 10, 74 % des salariés positionnent leur niveau d’implication et d’investissement dans leur travail au quotidien à 7 et + (vs. 93 % pour les managers). Cette conscience professionnelle peut paraître d’autant plus remarquable que le climat socio-économique ambiant demeure très incertain.


Une donnée supplémentaire vient en partie expliquer ce constat : « le simple fait d’avoir un travail et de ne pas être au chômage » constitue le premier levier de motivation au travail pour les salariés (44%), au même niveau que « l’intérêt et la variété du poste »…


Travail = source d’épanouissement


Autre enseignement positif du baromètre Cegos, 6 salariés sur 10 et 8 managers sur 10 perçoivent le travail d’abord comme une source d’épanouissement personnel avant d’être une source de contraintes. Plus on monte dans la hiérarchie, plus le sentiment d’épanouissement au travail est élevé. Si l’on en croit des salariés et managers qui apprécient leur travail la situation pourrait presque sembler idyllique…


Risques psycho-sociaux : le syndrome de la cocotte-minute ?


Reste que ces constats sont en trompe-l’œil. Le stress continue en effet d’être omniprésent au travail : 61 % des personnes interrogées (56 % des salariés, 73 % des managers) affirment subir un stress régulier dans leur travail. Plus alarmant encore, 78 % (83 % des salariés et 66 % des managers) estiment que ce stress a un impact négatif sur leur santé. Sans surprise, c’est la charge de travail qui reste perçue comme la principale source de stress pour 61 % des salariés, 65 % des managers et 68 % des DRH-RRH. Autre point d’alerte sérieux pour les Directions des Ressources Humaines : un quart de la population interrogée déclare avoir subi au cours de sa carrière un problème psychologique grave, de type dépression ou burn-out. Une même proportion dit avoir déjà été victime de harcèlement moral.


Vie professionnelle et vie privée toujours plus entremêlées


Si la digitalisation paraît favoriser une meilleure information et une plus grande efficacité professionnelle, elle peut être envisagée comme l’un des facteurs de stress au travail. Point intéressant, les DRH-RRH confirment ces points de vue et ajoutent, en positif, le développement d’une culture de l’innovation (pour 54 % d’entre eux). Ils sont également conscients des difficultés que la digitalisation peut créer sur l’équilibre vie professionnelle / vie privée (50 % y voient un impact négatif) et sur la charge de travail (45 %).


Au-delà de ces constats lucides, la frontière entre les vies personnelle et professionnelle est de plus en plus poreuse et crée des situations ambivalentes, en particulier chez les managers : si 82 % d’entre eux se disent satisfaits de leurs horaires de travail, 73 % sont amenés à travailler sur leur temps personnel.


Les salariés veulent de la proximité, les managers de la clarté


Les pistes pour améliorer le climat social semblent assez claires. Les salariés réclament de la proximité, quand les managers pensent qu’ils ont d’abord besoin de clarté. Les DRH-Responsables des Ressources Humaines sont en phase avec ces souhaits : ils placent ainsi la communication et le dialogue en tête des pratiques adoptées par les managers instaurant le meilleur climat social au sein de leurs équipes :


*Source : Pour cette édition 2015, 1204 personnes (750 salariés, 307 managers et 147 Directeurs ou Responsables des Ressources Humaines d’entreprises du secteur privé de plus de 100 salariés) ont été interrogées au cours des mois de juillet et août.